Quand Inaltera s'invite aux 24 Heures du Mans
En 1976, une marque de papier peint lyonnaise se retrouve sur la grille de départ de la plus grande course d'endurance au monde. L'histoire improbable d'un pari devenu légende.
La rencontre de deux passions
Septembre 1975. Charles James, qui dirige alors Inaltera, cherche un événement capable d'offrir une notoriété nationale à la marque. Au même moment, Jean Rondeau — jeune constructeur manceau passionné de sport automobile — cherche désespérément un financement pour aligner une voiture française aux 24 Heures du Mans. Le courant passe immédiatement : les voitures de Rondeau courront sous le nom d'Inaltera, et son équipe sera salariée de l'entreprise.
C'est l'un des tout premiers exemples de « naming » dans le sport automobile français : la voiture ne porte pas le nom de son constructeur, mais celui de son sponsor. Un concept marketing avant-gardiste pour l'époque. Pour piloter les Inaltera, on recrute deux légendes : Henri Pescarolo, triple vainqueur des 24 Heures, et Jean-Pierre Beltoise. La seconde voiture est confiée à Jean-Pierre Jaussaud, Jean Rondeau lui-même, et Christine Beckers, pilote belge d'exception.
Cinq voitures engagées, cinq à l'arrivée
Le 13 juin 1976, les deux Inaltera — construites en seulement huit mois — prennent le départ. Contre toute attente, les deux voitures franchissent la ligne d'arrivée. La n°1 se classe huitième au classement général et remporte la catégorie GTP.
L'année suivante, trois Inaltera sont engagées au Mans. L'une d'elles, pilotée par Jean Rondeau et Jean Ragnotti, décroche une remarquable quatrième place. L'aventure se déploie aussi outre-Atlantique, avec une participation aux 24 Heures de Daytona où un équipage entièrement féminin — Christine Beckers et Lella Lombardi — prend le départ. Fin 1977, le partenariat s'achève, mais la graine est plantée. En 1980, Jean Rondeau remporte les 24 Heures du Mans au volant d'une voiture de sa conception — un exploit unique qui n'aurait sans doute jamais existé sans l'audace initiale d'Inaltera.
“"Sans argent, sans plans, sans atelier — mais avec un moteur de qualité et une volonté inébranlable."”
C'est ainsi que naît l'aventure Inaltera au Mans : de la rencontre improbable entre un fabricant de papier peint en quête de notoriété et un jeune constructeur en quête d'un rêve. En deux saisons, cinq voitures engagées, cinq à l'arrivée.
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